Onigoko inversé ?! ▬ Shirayuri

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Décidément, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour le sang de son sang ? Et pourtant, j’ai attendu la Nuit la plus profonde pour agir… J’ai cru, à tord, que cela serait plus silencieux, calme. Mais non, j’aurais du penser au fait que les Humains se sont habitués à notre rythme nocturne.

— Vous l’avez trouvé ?
— On a perdu sa trace.
— Faîtes renforcer la surveillance du sous-sol ! On ne dois pas le laisser s’en approcher et libérer ces choses.
— A vos ordres !


Mon poing se serra à l’entente des ordres de celui qui devait être un samouraï au service du seigneur local. Choses ? Comment ose-t-il traiter les Yokais ainsi ?! A mes yeux, la chose c’est les humains tels que lui. Ils se pensent supérieurs à tout et en tout, et en oubli que nous, Yokai, nous sommes bien plus respectueux de la Nature ou de notre environnement qu’eux ne le seront jamais.  

Les lieux étaient de nouveau désert, je quittais donc l’ombre dans laquelle je m’étais dissimulé : rendu invisible l’espace d’un instant. J’ai rarement recours à cette capacité, et elle me fatigue plus que dégainer mon sabre pour commettre un carnage. Mais je ne cherche pas à être de ceux qui fragilisent d’avantage l’équilibre étrange.

Ajustant mon haori blanc comme neige sur mes épaules, je repris ma marche sans un bruit. Je portais un kimono aussi rouge que le sang. La lune, pleine en cette nuit, offrait autant d’ombre qu’elle apportait de lumière. A ma ceinture, un simple taichi. Je m’étais dit qu’un nodachi ne serait pas pratique dans un petit espace en cas de soucis…

Les divers lampions qui s’allumaient ici et là, dans divers baraquement du domaine, me compliquait la tâche. Alors, sans détour, je fis coulisser le premier shoji qui passait avant de m’engouffrer dans une pièce inconnue. Attentif à mes arrières, je refermais la porte de riz pour finalement me retourner et voir… une chambre ? Et… une humaine ?

Les lumières s’étaient rapprochées, et si je vins à me dissimuler dans un coin, mon regard se porta sur la jeune femme. Qui était-elle : je m’en fichais. La question c’était, dirait-elle que je suis ici ? Ma main sur le sabre, j’étais prés à réagir…

— Ojo-sama, veuillez nous pardonner d’ainsi vous réveiller. Un Yokai libre se serait infiltré dans la Demeure. Vous a-t-il approché ?

Ojo ?! C’est donc la fille du seigneur ? Mon regard se fit plus dur encore… attentif. Je ne la quittais pas des yeux…
Oni
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Race : Oni.
Localisation : Yo.
Métier : Peintre.

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Onigoko inversé ?!
    Des réminiscences chatoient les rebords de ma mémoire, comme un plumeau chatouille le museau d'un chat, et émeuvent mon esprit endormi qui se plonge dans des chimères lointaines où seule ma personne demeure existante en ce monde onirique. Je rêve souvent de ce jour, où la haine se manifestant en flammes ardentes, a noyé ma maison et mon village, réduisant en d'infinitésimales vestiges cendrées la vie qui s'y trouvait. L'existence s'arrachant en un cri, le cri s'étouffant en un frémissement et le frémissement se transformant en horreur. L'horreur. Cette balafre qui a causé la souffrance de l'agonie. Un kitsune blanc à huit queues m'a tirée de mes affres, sa main chaleureuse a pris la mienne et ses bras ont enveloppé mon corps maigre et crasseux ; je me rappelle de la chaleur de son dos, bienveillant et doux, sur lequel je me suis assoupie, puis la froideur de son départ quand il a fallu qu'il me quitte. Ce n'est qu'un yōkai, mais cet être que l'on accable a sauvé la petite personne que j'étais. Je me vois le retrouver aujourd'hui, traversant la forêt et jaillissant des arbres les plus majestueux pour m'emmener loin de mes responsabilités. Je le regarde me porter vers la lune, lune qui a inspiré maintes légendes et qui fait tant soupirer les hommes. Je m'émerveille de la beauté des paysages qu'il me fait voir. Mais toutes ces images que je visualise dans mon esprit ne sont que le résultat de mon rêve.