Entrevue dissimulée pour une commande appréciée. ▬ Kurogane

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Pénétrer dans Kyoto ne fut pas aussi difficile que je l’aurais crut. Avec les tensions actuelles, il aurait pourtant été normal d’y voir plus de gardes spécialisés dans les yokais. Ou plus de Yokais domestiques. Dissimulant mon yoki, je me faufilais dans la ville. Vêtu d’un kimono noir, je portais un chapeau de voyage traditionnel de notre pays. Ma longue chevelure était dissimulée dessous, grâce à un chignon. Et mes cornes pouvaient ainsi rester cacher des yeux extérieurs. Seule ma taille faisait parfois se retourner les gens, mais la couleur de mes yeux les faisait simplement murmurer qu’un étranger était présent. En un sens, il est vrai que je ne suis pas de Kyoto.

J’arrivais devant une auberge que j’affectionnais particulièrement. Elle était tenue, il faut dire, par une Hari Ona vivant caché au milieu des humains. La saluant, elle m’indiqua que ma chambre habituelle était prête. Je la remerciais d’un mouvement de tête avant de prendre possession de la chambre. Cette dernière était la plus spacieuse, et surtout, elle avait un petit salon séparait de la partie nuit par un paravent.

Prenant le secrétaire d’écriture, je rédigeais alors une missive pour la boutique de tissus qui devait me porter une commande. Les informant que je me trouvais donc à l’auberge habituelle, et qu’il serait gré de m’apporter les pièces que j’avais commandé en amont. Ceci fait, je donnais ma missive à la tenancière pour qu’elle y envoi un messager. Désormais j’attendais l’arrivée de la tisseuse, tout en fumant tranquillement mon kiseru.

Je me demandais de quel qualité serait les kimonos commandaient. Deux étaient pour moi… Mais le reste de la commande, il s’agissait de linges pour enfant. Pour Komyo. Alors, un regard porté sur la vie de Kyoto, j’observais silencieusement les rues. Espérant, au fond, apercevoir Nozomi…
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Être apprenti, ce n'était pas simple. Mais si j'avais voulu la simplicité. Je ne me serai jamais lancé. Je posais un regard sur le tissu, puis mes mains humaines abîmées. Je travaillais comme un fou et j'adorais ce que je faisais. Le temps semblait toujours court à faire des kimonos. Soudain, un messager entrait en respirant bruyamment. Il saluait à peine le maître pour lui tendre une lettre. L'humain souriait et donnait quelques pièces au messager qui partait sans demander son reste. Le maître s'approchait de moi et me fixait. Je ravalais ma salive, je ne savais pas trop quoi dire ou faire.

« Un souci, maître kimono.
-Tu vas apporter une commande à un client régulier. Ça te fera du bien de sortir. Tu le fais si peu apprenti. »

Impossible de discuter avec lui, il était déjà parti chercher la commande du client. C'était de belles pièces. Même si elles étaient trop colorées pour moi. Je ne peux m'empêcher de les trouver superbes. C'est avec grand soin que je plias les tissus. Il aurait sa commande, même si pour cela, je devais sortir en plein soleil. Mon vieil ennemi était bel et bien présent. Utilisant ma rapidité d'araignée pour aller d'ombre en ombre. J'arrivais relativement rapidement à l'hôtel. Le bâtiment avait l'avantage de me servir d'abri du soleil. Soulagé d'être en dehors de sa portée, je lâchais un discret soupir. Quel avait eu cet humain de m'envoyer dehors pars ce temps. Je me dirigeais vers la directrice de cet établissement.

« Je suis venu pour apporter la commande d'un de vos clients, Monsieur Takamori. »

La dame me faisait un sourire avant de m'indiquer par le geste de la suivre. Ce que je faisais sans dire un mot. Les couloirs cachaient une succession de chambres. Après une marche un poil trop lent pour moi. Elle frappait quelques coups avant de faire glisser la porte. Elle s'inclinait, me laissant seul avec le client.

« B... Bonjour, je viens avec votre commande Monsieur... »

C'était la première fois que je faisais face à un client. Donc j'ignore ce que je devais faire. Mes mains tenant toujours précieusement le paquet qui m'était confié. Je me suis un peu incliné. Signe de respect. Mais pas trop. Je n'allais pas abîmer les tissus que je transportais. J'attendais un peu. Que devais-je faire ensuite ? Lui tendre sa commande et m'en aller ? Rester avec lui. Je n'en savais rien moi.
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Le soleil était à son zénith, et depuis ma fenêtre je voyais les humains se regroupaient pour aller manger ici et là. Mais cela m’importait peu. Komyo étant confié à une connaissance fiable, je n’ai pas à faire semblant d’aimer la nourriture humaine. Dissimuler les besoins de l’enfant en faisant croire que j’étais friand de gastronomie : c’est ridicule mais cela passe.
D’un geste habile, je tapotais mon kiseru au-dessus de son cendrier. Le fin tabac devenu cendre tomba alors, et les bruits dans le couloir me poussèrent à ne pas rallumer ma pipe. Une annonce, et le shoji coulissa. Dissimulé par le paravent, le tisserand ne me verrait point. Et pourtant, à son entrée, je tiquais.

L’espace d’un instant, je ressentis chez lui du yoki. Une odeur résiduelle d’énergie démoniaque. Comme s’il venait d’utiliser des aptitudes peu de temps avant d’entrer dans cette pièce. Toujours caché par le paravent que j’avais peint, il y a longtemps, d’un paysage de soleil couchant sur une envolée de grues, j’observais l’ombre de l’individu qui me parvenait.

— A qui ai-je l’honneur ? Vous n’êtes pas le tisserand habituel…

L’Hari Ona était déjà repartie en refermant derrière elle. Personnellement, je relâchais très légèrement du yoki… comme pour tester cet individu. Car s’il appartenait au peuple Yokai, alors, pour une fois il me serait plus aisé de discuter de ma commande.

— Mais je vous prie, mettez-vous à l’aise. La tenancière ne tardera point à apporter un plateau repas avec du saké. De quoi discuter de ma commande, et des prochaines à venir…

Enfin, tout en parlant de cette voix que je trouve trop charmeuse, j’observais. Réagissait-il à mon énergie ou ne semblait-il pas être affecté ?
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Je relevais un peu la tête. C'est là que je voyais le paravent. J'ai beau fasciné par les kimonos, les peintures arrivent parfois à me toucher. Puis j'entends sa voix, il s'inquiète de ma présence. Je ne suis pas le tisserand qu'il attendait. Je respirai calmement avant de lui répondre avec la politesse qu'il faut. Et due à son rang de client. Sauf que je ressentais une vague d'énergie propre au yokai venir sur moi. Il était puissant, bien plus que je puisse l'être. Respectueusement, je m'incline un peu plus.

« Kurogane, Monseigneur Takamori, apprenti tisseur... »

Devais-je révéler ma nature ? Normalement, oui. Mais je ne sais pas si on nous écoute ou non. Il m'invite à m'installer, donc je pose mes genoux humblement mes genoux sur un petit coussin. Le temps que je passerai ici aiderait le maître kimono qui m'enseignait, donc, c'est sans problème que reste pour boire un peu de saké en parlant des futures commandes.

« J'avoue être surpris de rencontrer une telle personne. Si je peux le dire comme ça... »

Bien sûr, mon instinct me disait de respecter ou fuir la personne derrière son paravent. Bien sûr, son énergie me rassurait comme me disait de ne pas rester dans le coin s'il était en colère. Il serait un oni que ça ne m'étonnerait pas. J'ai rencontré des onis, mais jamais parlé comme je le fais avec cet homme. J'ignorai si je lui parlais correctement. Il est vrai que j'ai adopté la politesse des humains. Mais était-elle pareille pour les yokais ? Je ne pouvais pas trop me tromper. Trop de choses sont en jeu. Donc je stresse un peu, bien que je le montre assez peu. Seul mon silence indique ma gêne.

« C'est bien gentil à vous monseigneur. Maître Kimono sera ravi que vous commandez à nouveau dans sa boutique... »

Lui dire combien les vêtements qu'il a commandés étaient beaux me brûlait les lèvres. À la place, je posais avec douceur le paquet comme si c'était la chose la plus fragile au monde. Afin qu'il puisse à son tour admirer le travail du tisseur auprès duquel j’apprenais. Je gardais un œil sur les kimonos soigneusement emballé par mes soins. Les faux plis n'étaient pas conseillés. J'espérais ne pas en avoir fait. Nerveusement, je replaçais une mèche de mes cheveux sombres. Dévoilant par la même occasion les yeux multiples de mon espèce brièvement. Mon dos bien droit, j'attendais ses réactions prochaines.
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Monseigneur ? Je ne suis pourtant qu’un humble peintre… Et un Oni sans attache désormais. La politesse des humains me semble, souvent, exagérée. Mais s’il est un Yokai… j’avoue, j’aime avoir le respect des plus jeunes que moi. Enfin, le tisserand m’envoyait donc son apprenti, aurait-il compris ma nature depuis le temps ? Ou est-ce simplement avec l’intention réelle de former ce jeune homme au métier ? Enfin, je notais son nom dans un coin de mon esprit. Alors que je voyais sa silhouette s’installer, je me permis de me lever en silence.

— Une telle personne vous dîtes ? Je ne suis pourtant qu’un client fortuné comme un autre…

Aurait-il perçu ma vague de Yoki à son encontre ? Désormais debout prés du paravent, je pouvais voir son dos mais je restais dans son angle mort. Pourtant, si je notais la délicatesse de son geste envers ma commande, c’est l’éclat que j’aperçu dissimuler dans sa chevelure qui me tira un léger sourire. Je ne répondis pas à sa remarque, et me dirigeais simplement vers lui. Plus précisément, sur le coussin face au sien. Je m’asseyais alors en seiza, et répondit.

— Ce tisserand est certes talentueux, mais entre nous, il me gêne d’entendre un Yokai user du titre « Maître » pour qualifier un humain. Surtout en cette période où ce mot n’a pas la même signification…

Alors que je terminais de parler, un son à la porte m’indiqua que le repas arrivait. Lorsque la tenancière me vit face à Kurogane, elle haussa simplement les sourcils.

— A moins que notre ami ici présent ne veuille manger, du saké suffira ma sœur.

Son sourire était complice, et elle laissa le plateau repas traditionnel face à Kurogane, alors que sa chevelure s’étendait pour finalement ramener plus de saké qu’elle laissa devant nous. Ceci avant de nous souhaiter de passer un bon moment et de refermer le shoji.
Alors que je me versais une coupe de saké, je vins à questionner mon nouveau tisserand.

— Avant de se montrer curieux, que pensez-vous du travail effectué sur ma commande ?
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Il prétendait n'être qu'un client comme tant d'autres. Je le comprenais. Il n'allait pas me dire tout haut qu'il était un oni. Comme si je pouvais crier sur tous les toits que je suis un Tsuchigumo. Il se déplaçait, la politesse disait de pas trop le regarder. C'est ce que je faisais avec beaucoup de respect. Ne serait-ce pour sa force. J'ai l'air d'un enfant face à ce Yokai. Il me sermonne sur mon langage. J'ai la descende de m'incliner de telle sorte que le sommet de mon front touche le sol. Pas assez cependant pour que mes yeux en souffrent de cette position.

« Je suis désolé d'avoir employé des mots inadaptés à ma situation actuelle. Je suis un apprenti bien maladroit à vos yeux. J'en suis profondément navré... »

Mes excuses sont sincères. La gérante de cet endroit venait interrompre un peu notre entrevue pour ramener le saké. Encore un peu honteux. Je relève lentement ma tête. Pour voir un homme d'une stature imposante. Il est bien plus grand que je ne le serais jamais.

« Je ne désire pas manger. Le saké me suffira, merci madame la gérante. »

J'ignorai se cachait un tel accoutrement. Il est impressionnant. Je n'osais pas trop le regarder.c'était extrêmement déplacé de ma part. Je devais pourtant faire face. Je le fixais autre chose, un peu plus bas. Je remarquais, que comme moi, il avait adopté le seiza. Il me demandait à moi ce que j'en pensais. Malgré moi, un sourire traverse mon visage. Je l'observais avec admiration.

« Curieux ? Je ne sais pas ce que vous voulez dire par là, sans vouloir vous vexer Monsieur... Pour ce qui est de mon avis. C'est que vous avez en votre possession des pièces magnifiques que je n'ai pu que toucher brièvement en venant ici, à votre rencontre. Je n'imaginais pas ce clientsoit un Yokai tout comme je peux l'être. Même monsieur Takamori est bien plus fort que je peux l'être. Les coutures sont finement exécutées. J'espère un jour de pièces aussi belles que celles-ci. J'espère que mon avis vous a éclairé. Bien que je ne porte pas de couleur. C'est superbe... »

Pas que je ne détestais pas les couleurs. Je les trouvais que peu élégantes sur ma forme humaine. Je ne sais pas si peux servir de saké ou non. Si je dois en dire plus sur façon dont a était fabriqué ces kimonos. Si mon discours est bon pour moi et celui qui m'enseigne avec patience. Je posais mes mains sur mon kimono noir. La pâleur de mes mains tranchant avec l'obscurité du tissu.
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J’apprécie la politesse et le respect, mais j’avoue être assez étonné d’une attitude aussi prompte à la soumission. Généralement, les jeunes Yokais sont impulsifs et impudents : moi-même je l’ai été. Mais ceux qui manient les compliments et la mièvrerie m’ont toujours paru comme étant les plus intelligents. Et alors que je l’observais s’incliner, je me demandais si c’était là une comédie pour me plaire… ou sa vraie nature.

Buvant ma coupe de saké, je ne manquais nullement la surprise de la propriétaire. Elle aussi avait compris qu’il était un yokai, et comme moi, elle devait être désappointée de tant de protocole mais surtout, de cette attitude prompte à l’obéissance. Je ne pus m’empêcher de penser que si les humains le capturaient, il ne résisterait pas longtemps avant d’être domestiqué.

— Lorsque j’énonçais de la curiosité, je parlais de la mienne à votre égard, Kurogane-kun.

Je préférais éclaircir son incohérence, alors que je remplissais sa coupe de saké. Le boire en journée est plus triste je trouve, mais je n’ai pas tous les jours l’occasion de partager une coupe avec un frère Yokai. Surtout depuis la naissance de Komyo…

— Ma force et mon âge ne veulent rien dire lorsqu’il s’agit d’artisanat. Seul l’intérêt qu’on y porte permet l’obtention d’une qualité qui mérite l’admiration. J’ai rarement le plaisir de pouvoir discuter de mes commandes en face à face, et c’est assez plaisant. Aussi, Takamori suffira.

Je laissais une brève pause dans la discussion, pour nous resservir au besoin. Puis, mes doigts vinrent glisser sur le paquet avant de le libérer de son papier de riz protecteur. La sensation au touché laissa voir un micro-sourire sur mon visage de glace. Et le coloris d’un bleu du ciel était superbe, de même que les légers motifs de plumes. Je ne manipulais que le premier linge de la pile, alors que je soufflais plus pour moi-même que pour le yokai de race encore inconnue.

— Magnifique, il siéra parfaitement à mon petit-fils.

Reportant mon regard vers lui, je repris une coupe de saké. Encore heureux que la tenancière nous avait fournit une assez belle quantité d’alcool. Juste avant de boire ma gorgée, je vins à montrer mon indiscrétion.

— Quelles raisons vous poussent, Kurogane-kun, a vous dissimuler ainsi au milieu des humains ?

Je me connais, nous reviendrons rapidement aux kimonos. Mais entre deux observations ou même des essayages pour les miens, j’apprécie de pouvoir comprendre l’être face à moi. Il me semble si fragile, si docile… Que je ne peux m’empêcher de croire qu’il y a là entourloupe. Je suis bien trop habitué aux caractères taquins et mesquins de certains Kitsune il faut croire.
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Surpris par sa curiosité envers moi, je sentais brièvement mes joues se chauffer. Je le voyais remplir la coupelle de saké, l'autre, pas celle qu'il avait prise pour boire. Je supposais que c'était pour moi. Je prenais avec prudence la coupelle. Je l'écoutais avec attention avant de boire le contenant. C'était agréable au goût. Je buvais assez rarement ce genre de breuvage. Mais j'avais pu sentir la qualité de cette cuvée. Alors qu'il regardait sa commande. Au compliment qu'il cédait à celui qui m'enseignait, je laissais malgré moi, un sourire s'afficher sur mon visage. Il était cependant assez bref.

Cela ne m'étonne guerre qu'il soit déjà grand père. J'aurai pu être père. Mais trop de risques que je me fasse manger pour que je tente cette aventure. Et aucune humaine ne m'avait assez plu. Certes elles pouvaient être belles, mais il manquait quelque chose. Je ne suis pas le plus connaisseur en relation sociale. Je me contentait d'imiter le comportement des humains ? Jusqu'à un certain point.

« Takamori, c'est par hasard au début que je suis parmi les humains. Si je me dissimule parmi eux. C'est parce qu'ils font ces choses belles que vous avez commandez. J'aime beaucoup les Kimonos. Je souhaiterai en fabriquer de mes mains. Ça serait pour, moi, la satisfaction ultime. Ai-je correctement répondu à votre question ? »

Je laissais quelques secondes de pur silence. Il ne m'avait jamais dérangé. Ma forêt d'origine était relativement calme. Il me plaisait beaucoup d'en retrouver de temps à autres dans cette ville si active.

« Merci pour le saké, Takamori. Il est très bon. »

J'espérai seulement que je n'allais pas être ivre comme les humains. Quand ils boivent trop, ils ont un comportement ridicule. Et je n'avais ps envie de faire de même. Sans compter que je serais plus prompt à ma balader sous ma véritable apparence. J'avais encore besoin des conseils du tisseur pour progresser. Je ne pouvais pas avoir une technique impeccable en quelques semaines. Ça demandait du temps et de la patience. Ma nature me laissais le loisir de profiter de ce temps.

« J'ai aussi quelques questions qui me taraude l'esprit. Mais il serait bien mal placé pour moi de les poser à un client tel que vous. Tout ce que j'espère ce que vous et votre petit fils serez bien dans ces kimonos. »

J'ignorais pas mal de choses sur les yokai. Et encore maintenant en sa présence, j'apprenais.
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Mon regard détaillait chacun des gestes, chacune des petites mimiques de mon vis-à-vis, ceci alors que nous échangions l’un et l’autre. Mes compliments sur le tissu semblèrent le mettre autant en joie que s’il était celui les ayant conçus. Probablement a-t-il aidé dans des étapes de leur confection… Ou simplement, est-il heureux que je reconnaisse la qualité de travail de son « patron humain » ? J’avoue que l’idée de rencontrer un Yokai travaillant pour des humains, même si dissimulé, me dérange un peu. Ne serait-ce point aux hommes d’apprendre de nous ?

— Il n’y avait là ni bonnes ni mauvaises réponses. Seulement celle qui vous correspond. Répondis-je à son interrogation, alors que je comprenais un peu mieux sa situation.

Pousser par la curiosité et la découverte d’un domaine inconnu, hein. En un sens, cela me rappelle des paroles de feu ma conjointe. Elle était certaine que nous avions autant à apprendre de l’humain, que ce-dernier avait à découvrir à notre contact. Mais finalement, cela l’a mené droit à la mort… Et en mon âme sommeille encore rancœur, colère et rage.
Ma tête s’inclina légèrement à son remerciement, alors que je nous resservais. Prenant ma coupe entre mes doigts, mon regard se posa sur le liquide translucide. Et juste avant de m’abreuver, je prononçais :  

— Le jour où vous concevrez vos propres kimonos, accepteriez-vous de m’en informer ? Je connais de nombreux Yokais qui seraient ravis de se vêtir avec les tissus d’un confrère.

Au cœur de la ville de Yo, où la majorité est pour la suprématie Yokai, le fait de vivre de produits de notre « peuple » nous dirons, c’est souvent apprécié par les plus puristes. C’est alors qu’il évoqua des questions, sans même les poser. Avec un sourire en coin, un peu moqueur j’en conviens, je lui répondais :

— Je ne suis point ogre à dévorer l’araignée. Parle, Kurogane-kun. Quelles questions te taraudent ?

Mon expression était redevenu neutre, même amicale de part les murs qui rendaient notre entrevue plus intime. Je suis différent dans le « privée » qu’en extérieur, travaillant énormément sur mon image. En dehors de mon antre, j’apprécie de véhiculer la Peur et la Crainte. Mais entre des murs qui rendent plus privé la discussion, j’aime me laisser aller à moins de froideur.

Et puis, j’attendais ses questions. Après ces-dernières, je pense que nous passerons justement à quelques essayages…
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Humble, ce Yokai est quelqu'un de bien. Je ne demandais qu'apprendre un peu plus sûr ses passions ou son fils. En tout cas, il appréciait le travail du tissus. Ça ne pouvait être qu'une personne agréable à côtoyer pour moi. Alors qu'il me demandait de le mettre au courant de ma prise d'indépendance par rapport à mon enseignant, je pouvais sentir mes joues se chauffer. Je n'étais pas encore au niveau pour faire un Kimono entier. Certaines parties me posait encore des soucis.

« Je serai ravi de vêtir mes confrères quand ça sera le cas. Je progresse bien, dans quelques temps je tenterai de faire quelque chose. Bien sûr, je m'attends pas à ce que ma première création soit parfaite. Mais c'est avec fierté que je porterai ma création. »

Je ferai dans les tons que j'aime, car j'aimais les couleurs plus sombre, voir le noir. Comme la tenue que je porte actuellement. Quand il m'encourageait à parler avec sa tournure de phrase. J'avais compris que j'étais grillé. Je suis l'araignée, il est l'ogre. Je me mordais doucement mes lèvres. J'étais nerveux.

« Je me demandais ce que c'était de vivre avec iune majorité de Yokais. J'ai observé beaucoup les humains, mais assez peu mes semblables, je dois l'avouer. Alors je me demande ce que c'est de ne pas se cacher ou encore s'il y a des conflits comme les humains le font entre eux. Et votre famille ? N'avez-vous pas peur qu'on vous dévore... P... Pardon, je vois mal quiconque vous dévorer... Je m'excuse, je suis un peu nerveux... »

J'ai peur, mais plus trop de cet homme. Il me semble assez avenant. Puis le Saké qu'il me laisse déguster avec lui est une bonne raison de pas trop m'inquiéter pour mon futur dans cette pièce. Je ne risquais pas ma vie. C'est donc plein d'espoir que j'attendais ses réponses. J'ai toujours été seul, et ça me convenais bien. Mais je ne peux m'empêcher d'être un peu curieux. Un yokai, c'était toujours pleins de mystères. J'en suis une preuve, enfin je crois. Je regardais la coupelle avant de boire un peu. L'alcool ne semblait pas m'atteindre comme elle atteignait les humains, pour le moment. Je lui souriais timidement. Peut-être que ma curiosité pouvait provoquer sa colère. Et celle d'un oni est souvent décrite comme dévastatrice. Deviendrais-je une victime de cette rage ? Peut-être. Mais si je ne posais jamais la question, je ne saurai jamais.

HRP:
Désolé pour le temps de réponse
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