Ce soir, oublions-nous ~ Utakeno Eichi

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HRP : on peut passer sa souris sur les mots japonais, c'est magique ça affiche la trad :3


   

       C’était une fin d’après-midi assez banale. Trop banale. Des clients classiques qui venaient acheter des étoffes et aucune vente d’arme qui aurait pu donner un peu d’exotisme à cette monotonie. Il fallait une pause à Setsuna. Quoi de mieux qu’un passage au bar ce soir ? Elle pourrait oublier l’ennui de cette journée dans le fond d’une chope de saké et manger un bout en tentant d’attirer quelque homme qui passerait par là et n’aurait pas envie de passer la nuit seul car elle non plus, elle n’en avait pas envie. Une nuit entre de l’alcool et les bras d’un inconnu, quoi de mieux pour s’enivrer l’esprit ? Elle ferma donc la boutique après le coucher du soleil et se vêtit d’un kimono traditionnel seyant en soie de couleur bleue avec des incrustation de doré pour faire ressortir ses yeux peu communs. En tant que vendeuse d’étoffe, elle avait de quoi avoir de très beaux vêtements et ne se gênait donc pas pour être attirante ce soir. Ça restait un des buts premiers de la soirée, avec boire, ce qui serait surement le moins complexe. Elle se rendit donc dans l’Izakaya le plus proche de chez elle, un peu plus en centre de Dō. L’endroit était éclairé et modérément animé. Les odeurs de poisson grillé, d’alcool et de tabac se mélangeaient pour former cet arome propre aux bars et un musicien jouait dans un coin un doux air qui apaisait les mœurs sans peine. Elle alla donc au comptoir commander une chope de saké et un peu de poisson grillé pour se remplir l’estomac. Elle avisa un peu la clientèle. Quelques couples, pas intéressant, quelques hommes seuls mais visiblement pas encore assez remplis d’alcool, et quelques concurrentes. Après, du monde pouvait encore venir. Une des concurrentes attira cependant son attention. Elle semblait un peu plus désinhibée que les autres. Avait-elle déjà trop bu ? Était-ce son caractère ? Toujours était-il qu’elle allait parler avec les gens sans gêne, et cela rappelait à Setsuna son propre comportement. Elle se rapprocha donc de l’inconnue pour voir ça de plus prêt. Aborder les femmes n’était pas l’habitude de Setsuna dans ce genre de soirée, mais elle faisait une exception et puis ce serait potentiellement intéressant. Elle déplaça donc sa chope et son poisson frit vers la jeune femme et tenta de commencer une conversation.

       — Bonsoir.

       Elle lui offrait en grand sourire et la détaillait en même temps de ses yeux clairs et perçants. Elle n’était pas très grande, pas d’une grande beauté, et sa poitrine ne semblait pas particulièrement généreuse ou alors pas mise en valeur. Au moins, Setsuna se dit qu’elle n’aurait pas forcément à se soucier de la concurrence, elle se savait plus désirable. En attendant elle espérait pouvoir profiter d’une discussion intéressante pendant qu’elle mangeait encore, avant de passer aux choses sérieuses.

   


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Etsuko était venue finir sa soirée dans un bar, très peu animé par rapport à ce qui pouvait se faire, après une journée des plus commodes. Dédaignant à peine toucher à une goutte de saké depuis son arrivée, elle avait tenté d'aborder diverses personnes sans plus de réussite que cela, sinon déjà elle serait dans les bras d'un mâle, nécessaire à une nuit des plus douces selon son expérience. Rivalisant de discussion, depuis bientôt une heure, fidèle à elle-même dans sa logorrhée quasiment maladive, elle avait parlé de la pluie, de l'orage, du vent, des éclairs et du beau temps, mais aussi du goût du saké, de l'odeur des bars le soir, de celle du poisson, de la couleur des kimonos ridicules de certaines excentriques et de plusieurs extravagants.
Bientôt elle se retrouva seule, le jeune homme aux cheveux de blé qui discutait avec elle, devait hâter son travail au Japon afin, paraîtrait-il de s'en retourner voir aux Provinces-Unies si sa compagne n'avait pas un enfant, qui aurait été blond par sa mère et français, sans doute, par un ami de son père. Et s'il en eût été autrement, ajouta t-il, il n'en eût été cocufié.

Non contente d'être seule lorsque d'ordinaire à cette heure déjà, un homme la suppliait d'aller voir dans son lit s'il n'y avait pas autre chose à faire que compter les pliures de son kimono, elle se décida bien vite à se jeter, à demi mot, sur un jeune brun qu'elle lorgnait depuis sa discussion avec l'européen. Mais alors que son regard s'était accroché à sa cible et aurait dû ne s'en plus détaché, une femme assez peu petite pour prétendre à une quelconque grandeur, d'une beauté supérieure aux yeux des amants d'un demi-nycthémère, vint et lui adressa un mot. Pas deux, ni trois, ni un demi mot. UN mot. Et ce mot était bonsoir.
Pour ne pas avoir une once de culpabilité, ne pouvant feindre de ne l'avoir entendue, vue ou d'avoir cru que ledit mot était adressé à quelque homme, quelque femme ou bien quelque oiseau -faut-il guère oublier que le monde est fait d'un peu de tout, et de tout, un peu- elle dut se résigner à bouger ce qui lui servait de lèvres pour lui répondre, préférant d'habitude, réserver ce mouvement aux messieurs.


- Bonsoir. Nous sommes nous déjà vu quelque part ?

C'était bien naïf de sa part mais, elle savait déjà la négation qui l'attendait -quoiqu'elle put oublier moult soirée trop arrosée d'autre chose que de pluie et les rencontres qui allaient avec (mais qui l'auraient sans doute oubliée réciproquement)- cela permettrait, peut-être, de lancer une discussion, voire au mieux qu'elle se terminât et qu'elle se concentrât sur sa proie brune.
Elle se demandait ce que cette femme pût elle lui trouver d'assez singulier pour avoir l'envie de discuter sans plus de manières. Simplement le dessein de faire échouer les siens ? De toute manière il était bien tard pour se poser la question car c'était chose faîte, maintenant il fallait converser et discourir avec les yeux d'un somme toute assez peu commun bleu -assez peu commun pour qu'on le fît remarquer- qui lui servissent de locutrice.
En attendant une réponse, elle avait baissé un tant soit peu son regard et regardait les mains trop belles pour durer de celle qui lui fît face, celles-là même qui tout de go s'occupassent de faire manger le poisson à la grande dame brune, celles-là qui fissent boire la femme d'une beauté tout à fait relative, mais relativement universellement appréciée dans ce foutu pays et en ce foutu temps qui n'eussent -semble-t-il- point encore découvert les charmes supérieurs, de son androgynie.
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    — Bonsoir. Nous sommes nous déjà vu quelque part ?

       La femme se mit ensuite à détailler quelque peu Setsuna. Elle ne semblait pas particulièrement heureuse de commencer cette discussion. Tu es en chasse aussi ? Mais après tout elle avait répondu et Setsuna allait donc continuer ce petit dialogue. Elle finit sa bouchée de poisson et reposa ses baguettes sur le comptoir le temps de répondre.

       — Ce n’est pas impossible, mais je n’en suis pas sure.

       Elle prit une pause afin de boire une gorgée de saké avant de reprendre.

       — En vérité j’ai cru voir que vous n’étiez pas accompagnée, alors je suis venu combler ce vide au moins le temps de manger. Je suis Mangetsu Setsuna.

       Et elle reprit le cours de son repas en détaillant un peu plus l’inconnue qui lui servait comme elle l’avait indiqué de compagnie. Elle trouvait que le fait d’avoir les cheveux courts la desservait, ça aurait presque pu donner un air masculin. Le kimono qu’elle avait était en revanche assez sympathique, mais l’étoffe pas de la meilleure facture. C’était le genre de détails qu’elle remarquait aisément, déformation professionnelle. Elle se demandait si la jeune femme allait abandonner cette conversation. Il est vrai que Setsuna n’allait pas par quatre chemins le plus souvent, et après tout si elle décidait de partir sans vouloir discuter plus, tant pis. Ce n’était pas vraiment un drame. Il y avait assez de clientèle pour trouver de quoi se satisfaire, et la nuit était encore jeune. D’autres gens viendraient certainement remplir l’endroit d’animation.

   


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-Ce n'est pas impossible, mais je n'en suis pas sure.

C'est tout ce que la femme avait trouvé à répondre, donc elle confirmait ses doutes : elle ne venait certainement pas pour causer de la dernière entrevue entre elles ou d'une soirée ou bien même d'un quelconque sujet intéressant pour lequel elles se sussent intéressées.
Elle but encore son alcool avant de continuer.

-En vérité j'ai cru voir que vous n'étiez pas accompagnée, alors je suis venue combler ce vide au moins le temps de manger. Je suis Mangetsu Setsuna.

Mangetsu Setsuna....en voilà un nom qui lui était totalement étranger ! Sans plus tarder, elle dut se présenter elle-aussi, politesse obligeait.


- Vous avez raison, je ne suis pas accompagnée. Appelez-moi Etsuko. Watanabe Etsuko mais, m'en voudrez-vous beaucoup si nous passons d'office aux familiarités ?


Elle avait bien le culot de lui dire que sa compagnie ne tenait qu'à son besoin maladif d'exhiber sa consommation halieutique et sa mastication. Sa nature, loin d'être rétive, semblait lui imposer de montrer aux esseulés comment elle buvait bien le saké et elle avalait bien le poisson. C'était au moins de la franchise !
Sans plus espérer aller voir celui qui lui donnait de l'espoir, elle se préparait (au moins mentalement, n'ayant guère l'envie de faire de petites foulées, des tractions et des pompes au milieu du bar) à discuter et s'installa donc plus confortablement en face de l'inconnue, un sourire aux lèvres, assez heureuse finalement.


Personnalité assez peu stable, faîtes attention à la personne qui vous parle !
Eichi (homme renfermé et esseulé) ou Etsuko (femme extravertie et populaire)
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    A première vue, les remarques de Setsuna n’avaient pas fait fuir son interlocutrice, et c’était tant mieux.

    — Vous avez raison, je ne suis pas accompagnée. Appelez-moi Etsuko. Watanabe Etsuko mais, m'en voudrez-vous beaucoup si nous passons d'office aux familiarités ?

       Setsuna sourit en se tournant vers elle. C’était aussi intéressant qu’elle l’avait espéré. Pas forcément aussi intéressant que les bras d’un homme – encore que, certains ne savent pas s’y prendre – mais au moins aussi intéressant qu’elle l’avait initialement prévu, en venant ainsi vers Etsuko. Elle était donc satisfaite, elle pourrait se distraire en mangeant, voire même continuer un peu après manger.

       — Je ne vous en voudrais pas, c’est justement pour ça que je suis venue. Je ne viens pas dans ce genre d’endroit pour parler travail en général.

       Le poisson était bon, et se laissait donc manger sans résistance. Un bon tiers de celui-ci avait donc déjà disparu, et visiblement ça ne semblait pas vouloir s’arrêter là. Pendant que Setsuna prenait une bouchée de plus avec ses baguettes, elle remarqua du coin de l’œil plusieurs homme entrer dans le bar. C’était une nouvelle intéressante, pour quand elle aurait fini cette discussion. Elle ne prit pas la peine de regarder plus avant cependant, se laissant la surprise pour plus tard.

       — Et vous alors, quel augure vous amène ici ?

       En fait elle pensait connaitre déjà la réponse, plus ou moins la même chose qu’elle a première vue. Mais il serait intéressant de voir ce qu’elle en dirait vraiment, si elle l’avouerait ou laisserait une part cachée, un doute qui confirmerait ce que pensait Setsuna par son observation préliminaire. Les gens ne sont jamais très à l’aise quand il s’agit d’avouer que la raison pour laquelle certains vont dans les bars est de revenir avec quelqu’un dans les bras, et pourtant ce n’est pas si difficile à voir. Après tout, elle-même n’allait pas crier sur les toits qu’elle le faisait, mais si on lui posait la question, et ne le niait pas. Dans le pire des cas, si le contexte ne l’incitait pas à dire les choses clairement, elle laissait une insinuation, et comptait sur l’intelligence de la personne en face pour deviner ce qu’elle disait.

   


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"Je ne vous en voudrais pas, c’est justement pour ça que je suis venue. Je ne viens pas dans ce genre d’endroit pour parler travail en général."

Encore heureuse que cette Setsuna ne vienne pas raconter sa vie professionnelle à toute une chacune. Puis tandis qu'elle méditait sur ces paroles, Etsuko vit le coin de l'oeil rond de sa locutrice qui venait d'engloutir une part de poiscaille, se tourner  en direction d'un groupe de mâles qui venez d'entrer dans le bar avec la plus grande décontraction. Cette décontraction, sans la voir, s'entendait assez voir, matérialisée par un certain brouhaha grave. C'était une bien belle indiscipline qui vivait en ces lieux alors que, moine que vous deveniez, on vous aurez réprimandé, non pour un mot trop fort, mais pour avoir simplement claqué l'apôtre de façon trop brutale. Puis l'interlocutrice s'aventura à poser une question.

"Et vous alors, quel augure vous amène ici ?"

Qu'allait-elle pouvoir répondre que la vérité ?


"Je présage que c'est à peu près la même chose que vous. Ne causant pas travail je doute que vous repartiez les mains vides, et à deux sur une couche, vous devez trouver d'autres occupations que vous compter les cils ou comparer la longueur et l'aspect pulpeux de vos doigts.
Vous devez avoir de plus approfondies connaissances à faire partager si ce n'est le travail, j'en suis de même.
Aussi si j'étais venue ici c'est que j'ai un peu froid la nuit, et qu'à tout dire contre ces maux, je n'ai qu'un remède : un mâle mais un mâle nécessaire !"


La formulation n'était pas des plus fleuries, ni des plus raffinées mais c'était, semble-t-il, pour elle, largement suffisant pour que Setsuna n'aille pas s'imaginer qu'elle ne cherche qu'à savoir la rugosité de l'auriculaire gauche de la population nippone masculine lorsqu'elle pourrait avoir de plus profondes occupations.
Elle se rendit compte que, malgré les familiarités qui devaient s'installer, le vouvoiement était resté, elle décida donc de tutoyer son interlocutrice pour une seconde intervention.


"Tu ne viens pas pour le travail, la question que je me pose c'est quel est ton métier ?"


Sérieusement ?


"Non je plaisante, je pense plutôt que la bonne question c'est, si l'augure qui te mène ici, t'envoie chercher une présence pour réchauffer, la nuit tombée, ton âme et plus si affinités, ce même augure, quel type d'hommes te quémande-t-il de trouver ?
En somme quels hommes préfères-tu ?"


Enfin quelque familiarités, rien de mieux pour qu'une relation amicale soit posée sur des bases saines....tant que les convoités de Setsuna ne sont pas les mêmes que ceux d'Etsuko...


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