Le temps de se cacher est révolu

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Je ne savais pas ce qui m'attire, mais c'est plus fort que moi. Je me retrouvais encore dans un arbre. J'avais fini par grimper dedans. Devais remercier d'être une araignée pour cette facilité déconcertante pour monter dans ces végétaux. Sous la forme humaine, c'était plus simple de se faufiler entre les branches. Il fallait que niveau taille, ma forme normale posait plus de souci. À l'abri de mon ennemi qu'est le soleil. Je regardais un peu autour de moi. Sans surprise, je vois une jeune humaine. Pour moi, tous les humains me semblent si jeunes. Même ceux qui ont les cheveux si blancs qu'ils rendraient jaloux la fine couche qui couvre le sol en hiver.

Première chose que je remarquais chez cette jeune femme, car s'en est une. Je savais différencier une fillette d'une femme adulte. Ces cheveux aussi sombres que les miens. Ils semblent pourtant bien différents de ma propre chevelure. Ils brillaient d'une façon différente. C'était une humaine. Car il n'y avait que les humains pour avoir cet éclat qui me faisait presque plisser les yeux. Le soleil avait la sale habitude de me revenir dans les yeux. Je profite des brises pour reposer mes pupilles un peu fatiguées. Je peux tenir ma forme d'humain longtemps, mais pas trop. Une journée était bien assez pour ne pas perdre trop d'énergie.

Deuxième chose que je remarque, ce sont ses vêtements. Mon œil repère tout de suite une certaine qualité du tissage et du tissus. J'avais envie de toucher. Mais j'étais bien là où j'étais pour l'observer. C'était ce que je faisais de mieux après tout. Je restais un bon moment comme ça, sans que je m'ennuie. Je me demandais si l'humaine pouvait me voir. Sous cette forme, c'était tout à fait possible.

Malheureusement pour moi, ma curiosité et le soleil me poussent de plus en plus vers cette humaine. Je sortais de ma cachette faite de feuilles et de branche pour me retrouver dans une cour. Le sol est bien plat. Je le tâtais un peu sous mes pieds. Cette façon qu'ont les humains de tout égaliser m'intriguait un peu. Je restais un moment à sentir le sol sous mes pieds de ma forme humaine. Ce ne serait pas la même sensation avec mes pattes. Mais pas sûr que ma véritable forme plaise à une demoiselle si élégante.

« B... Bonjour mademoiselle. »

La politesse était essentielle pour les humains. Du coup, je l'avais adopté pour parler à la plupart des personnes que je croisais. Même si je me demandais si je m'en sortais bien... Je m'inclinais respectueusement avant d'attendre pour me relever.
Tsuchigumo
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Le temps de se cacher est révolu
    C'est sous un soleil claquant que je regarde une nouvelle fois la forêt qui se dessine derrière le domaine. Une forêt terne et sans âme, que j'affectionne toutefois. Elle me fait rêver, fait battre mon cœur, à chaque fois que j'imagine le kitsune blanc à huit queues jaillir de par-dessus les arbres sous sa forme de renard. Néanmoins, aujourd'hui, c'est l'arbre de la demeure qui attire mon attention. Ce prunier en fleurs qui ressemble à s'y méprendre à un cerisier. Des yeux m'observent sous l'ombre des branches, et je ne parviens pas à distinguer le visage de la chose qui m'observe. Je ne bouge pas, troublée par le regard insistant. Restant assise sur le rebord de la fenêtre, les pieds à l'intérieur de ma chambre, je maintiens le contact visuel comme pour faire savoir que je sais que je suis observée.

    Ce n'est pas la première fois qu'un parfait inconnu grimpe l'arbre de la demeure pour me regarder. Fréquemment, c'est à cause des rumeurs qui circulent dans le village, vis à vis de mon apparence ; peu sont ceux qui m'ont déjà vue, car je sors peu - plus par obligation que par envie - par conséquent, on veut me voir, savoir si les dires sont avérés. Je peux comprendre ce désir de savoir ce qui ne doit pas être su, ce fait de le vouloir n'est dû qu'à la curiosité et cela n'est pas un crime. Cependant... entrer dans la demeure du daimyō l'est, et tout ceux qui se sont fait prendre sont morts à ce jour.

    J'ai parfaitement conscience d'être belle ; parfois, cela m'attriste car c'est ce qui fait de moi une femme désirable, mais je sais au fond de moi que c'est une qualité recherchée à laquelle beaucoup s'attèlent à obtenir - chose tout à fait respectable - toutefois, le fait de l'être, parfois, incombe des événements comme ceux-ci : le fait d'être secrètement observée. C'est assez effrayant, mais je sais que parfois, je n'ai pas de raison d'avoir peur car les humains ne me veulent guère du mal, contrairement aux yōkai - mais ils prennent très rarement le risque de venir ici.

    Je vois une masse noire sauter. Le bruissement des branches me fait hoqueter de stupeur alors que l'individu atterrit légèrement sur le sol de la cour. Je regarde autour ; personne aux alentours. Il ne se fera donc pas prendre, cela me rassure en quelques sortes. Je me penche en avant pour le regarder. C'est un jeune homme, agréablement fait, aux longs cheveux de jais et à la peau blanche, aussi blanche que la mienne. Serait-il le fils d'un homme important ? Car il ne semble pas être accoutumé à la lumière du soleil ; un villageois aurait la peau plus foncée à force de rester au soleil. Mais c'est inhabituel qu'un homme de sa stature ait à grimper à l'arbre pour venir ici. Peut-être était-il venu voir mon père et qu'il s'est perdu en visitant la demeure ? Dans ce cas il est étrange qu'il soit monté dans l'arbre. Je ne sais décidément pas quoi en penser.

« B... Bonjour mademoiselle. »

    Sa petite voix incertaine m'arrache un sourire. Serait-il timide ? Je ne peux m'empêcher de trouver cela adorable. Inexorablement, je baisse ma garde. Toujours assise, les mains sur le rebord de la fenêtre pour me maintenir en équilibre, gardant le dos droit mais me penchant légèrement pour le regarder de plus près, je lui réponds doucement, le regard amusé.

« Bonjour, à qui ai-je l'honneur ? Seriez-vous un invité ? » lui demandé-je.
Alors qu'un pétale du prunier se déposait sur son front.
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Heureusement, je ne semblais pas être tombé chez un humain paré à crier par mont et par vaux que je n'étais pas le bienvenu. Bien sûr, j'étais un invité surprise, tombé de l'arbre qui était censé me mettre à l'abri. Je tentais de fuir mon ennemi, me faufilant dans les faibles ombres que projetait l'arbre duquel j'étais tombé. La demoiselle semblait gentille, bien que curieuse envers mon apparition soudaine. Elle s'empressait de me rendre ma politesse pour me poser une question ou deux. Je la regardais brièvement avant de détourner le visage. Je m'inclinais humblement.

« Kurogane, je ne suis qu'un simple passant qui cherchait en vain de l'ombre dans cet endroit qui me semble inconnu. Je suis désolé d’interrompre ainsi votre tranquillité par ma visite des plus impromptue. Et ça serait un honneur d'être un invité d'un endroit tel que celui-ci. »

Je ne suis pas vraiment timide, juste que j'ignore ce que je devais vraiment dire face aux gens, humains ou Yokai. Alors j'optais pour les mots que j'avais entendu un milliers de fois chez les humains. Mon langage doit être particulier. J'essaye de me conformer à ce que j'ai pu entendre. Je relève ma tête doucement. Heureusement que mon apparence humaine est moins farfelues que certains yokais. Même si un adulte humain n'était pas du genre à grimper aux arbres. Aissant ça à leurs jeunes enfants qui riaient comme des fous en santant le végétal se balancer aux travers deleur jeux.

Je tentais de me remémorer pourquoi j'étais ici. J'étais ailleurs que Kyoto. Avais-je trop bu avec des yokai par politesse ? Ou avais-je été trompé par un kitsune. Mes souvenirs semblent perdus dans un brouillard qui serait rester dans les montagnes. Cette pensée me faisait penser à la montagne où j'étais né. Celle où j'avais construit autrefois des toiles magnifiques.

Je lui faisais un petit sourire, pas sûr que je suis le plus convainquant avec ce genre d'expression. J'essayais tout de même.

« Si auriez un endroit à l'abri du soleil, je vous en serai reconnaissant, mademoiselle. Si mon humble compagnie vous sied, je serai heureux de pouvoir rester un peu plus. Je pense que ça serai agréable pour vous. Vous semblez bien seule... Désolé d'être si intrusif envers une personne aussi belle et noble que vous. »

Dans ma tentative de trouver l'ombre, j'étais retombé dans ms travers. Je m'étais remis à observer cette humaine. Comme d'autres humains avant elle. J'étais toujours impressionné par leur élégance, leur façon de vivre, leur rapport étrange avec les yokai. Et moi j'étais encore un jeune esprit. Bien incomplet par ses interactions rares.
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